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Etre connecté

Dans un monde de distractions, choisir à quoi connecter ton attention est une base essentielle pour être le pilote de ta vie !

Et il ne s’agit pas de répondre au fameux « concentre-toi » que tu as déjà entendu des dizaines de fois au collège ou au lycée… (enfin pas seulement !)

En effet, tu utilises ton attention tout le temps, dès ton réveil…ce qui peut d’ailleurs être compliqué…surtout si la nuit a été courte ! Être attentif, c’est se connecter. A soi. A ses amis. Au monde qui nous entoure…

Quelques explications…

Commence par te demander quels sont les éléments qui viennent te distraire. Fais-en une liste.

Tu pourras les classer en 2 catégories : des éléments qui viennent de l’extérieur et qui sont perçus par tes 5 sens et des éléments internes comme les pensées, les inquiétudes, la faim…

L’attention est un « processus de sélection, d’activation et de facilitation de certains réseaux de neurones aux dépens des autres. » Il y a 3 systèmes qui dirigent l’attention :

* les automatismes/les habitudes (ce que l’on va faire rapidement, sans « réfléchir »)

* le circuit de la récompense (circuit qui nous incite à faire ce qui va procurer du plaisir : boire si on a soif par exemple mais ce circuit encourage également la recherche d’informations et de nouveauté.)

* le contrôle volontaire

Les 2 systèmes de forces qui déstabilisent l’attention sont la réorientation réflexe vers des éléments saillants et le circuit de la récompense. Aucun n’est vraiment totalement bénéfique ou totalement néfaste, tout dépend du contexte. Reculer automatiquement alors que tu t’apprêtais à traverser la rue parce que tu as perçu au dernier moment le bruit d’une voiture est plutôt bénéfique ! En revanche, tourner la tête parce que tu as entendu le signal d’une notification sur ton téléphone alors que tu étais en train de réviser ta leçon d’histoire… c’est une autre histoire ! (désolée pour le jeu de mots). Cela va t’empêcher de mémoriser. Le cerveau se régale devant toutes les nouveautés apportées par les écrans et le circuit de la récompense va profiter de l’occasion pour encourager le zapping et déstabiliser encore l’attention… Il n’est donc pas étonnant que nous soyons si accros aux écrans (oui, NOUS, observe les adultes autour de toi !) surtout lorsque nous sommes fatigués car le système du contrôle volontaire est moins efficace pour contrer le circuit de la récompense.

Tu l’auras donc compris, une quantité de sommeil suffisante est essentielle pour être attentif.

Une ATTENTION EFFICACE est donc d’abord une attention posée sur les objets sensoriels les plus importants pour TON INTENTION du MOMENT. Être attentif, c’est savoir avancer en équilibre sur une poutre ; parfois la poutre est large et près du sol et les risques de tomber sont minimes et parfois elle est très fine et haute et garder l’équilibre est plus difficile. (Image empruntée à l’excellente BD de Jean-Philippe LACHAUX, Les petites Bulles de l’attention)

Se concentrer, c’est rester connecté ! Et si la connexion s’interrompt sans cesse, on ne peut rien faire…

A toi donc de te demander si tu souhaites être en mode marionnette ou être en mode pilote de l’avion ? Et ce que cela changerait pour toi dans tes relations, dans tes apprentissages qu’ils soient scolaires, sportifs…

Comment faire ? Quelques outils / suggestions...

-Limiter les sources de distractions. Environnement de travail rangé. Portable éteint.

-Limiter les distractions internes. Se relaxer. Mettre par écrit ce qui nous préoccupe ou la liste des tâches à faire.

-Gérer son temps et son effort. Faire des pauses.

-Découper une tâche en mini-missions.

-Une CHOSE à LA FOIS !

-Se concentrer sur sa respiration, sur ses sensations pour se reconcentrer.

-Rendre ce que tu as à faire intéressant. Tu ne peux pas choisir le contenu du cours mais tu peux CHOISIR la FAÇON de l’apprendre.

septembre 2020

Une chose à la fois !

Et si vous arrêtiez de vous demander ce que vous allez faire à diner lorsque vous êtes au travail et de penser au mail que vous avez oublié d’envoyer lorsque votre enfant vous raconte sa journée…

A vouloir tout faire en même temps, on perd de l’énergie. On ne peut pas faire en même temps deux choses qui demandent de l’attention. Essayez donc de regarder dans deux directions à la fois ! Et pourtant nous réalisons régulièrement plusieurs tâches à la fois ; en réalité on bascule rapidement d’une tâche à l’autre et ce d’autant plus facilement lorsque celles-ci sont automatisées. Le mode multitâche est donc possible mais tout dépend de ce qu’on fait… Et d’ailleurs, nos enfants s’en rendent souvent compte… « Maman, tu ne m’écoutes pas »… « si, si… » Nous étions présents physiquement, nous entendions sa voix mais notre attention était connectée à un autre élément… et nous en ressortons peu satisfaits… Notre époque est caractérisée par une abondance de stimulations de toutes sortes et une intensification des échanges et des informations d’où parfois une dispersion de notre attention qui peut nous épuiser et nous faire passer à côté de ce qui est vraiment important.

Alors comment faire ? Quelques pistes à explorer dans les jours à venir.

-Pratiquer la pleine conscience, c’est s’entrainer à être dans le moment présent. Se centrer sur ses sensations, sa respiration. Apprendre à observer lorsque notre attention est captée par un stimulus et revenir à ce que l’on faisait. Ces exercices de pleine conscience peuvent se pratiquer au quotidien : dans une salle d’attente, dans les transports en commun, laisser son smartphone de côté et se connecter à sa respiration, simplement observer les sensations de sa respiration, dans les tâches ménagères…lorsque vous mangez, prendre le temps de sentir, humer, regarder avant de déguster vos aliments…sous votre douche, lorsque vous vous brossez les dents, connectez-vous à vos 5 sens. Et observer comment vous vous sentez.

-Limiter les informations…réseaux sociaux, télévision…Nous surveillons ce qu’on mange, pensons aussi à surveiller ce qu’on met dans notre tête ! Les nouvelles négatives en permanence ont des impacts sur notre moral. Choisissons ce à quoi nous voulons connecter notre attention. Abonnez-vous à des sites ou journaux de bonnes nouvelles.

-Utiliser des cartes mentales pour alléger sa charge mentale. Cet outil de pensée visuelle est très utile pour s’organiser, planifier…et on prend du plaisir à la faire !

septembre 2020

Livre ouverte

Le pouvoir des livres

Ce livre est un présent ! Simple, puissant, optimiste !

A offrir à tout professeur qui souhaite découvrir comment la pleine conscience peut transformer l’école. Il y découvrira « des outils simples pour favoriser la concentration, l’harmonie et la réussite scolaire » mais aussi « comment la pleine conscience peut nous aider à faire naitre une volonté collective de transformer nos écoles en lieux qui encouragent la créativité et l’innovation pour satisfaire aux besoins d’un futur incertain. » Rien que cela !

L’école en pleine conscience de Patricia Jennings, enseignante et chercheuse, a fait complètement écho à ma propre expérience d’enseignement en collège et lycée. J’aurais aimé lire lorsque j’étais jeune enseignante qu’ « enseigner est un art des émotions » et qu’identifier les miennes et apprendre à les réguler était une des clés pour « réduire [mon] stress et améliorer [mon] enseignement comme l’apprentissage de [mes] élèves. » Et ce n’est pas simple… L’enseignement, comme le dit l’autrice, est une « activité extrêmement exigeante » qui demande des compétences variées : « Nous devons non seulement avoir une connaissance parfaite de la matière enseignée, mais aussi déployer notre attention de façon à être conscients d’une classe entière tout en étant capables de nous focaliser sur un ou deux élèves en particulier. Nous devons nous mettre au diapason du groupe pour apprécier son degré d’implication et de compréhension, et cerner sa dynamique sociale et émotionnelle. Et tout ceci sans nous laisser submerger par l’anxiété ou l’irritation, sans tomber dans l’excès ou la perte de contrôle ! »

J’ai découvert au fil des années que mes émotions avaient un impact sur le climat de la classe, et parfois même sur les apprentissages, sur mes réactions face aux comportements d’élèves, que celles-ci correspondaient parfois à des automatismes, « des scripts » parfois intégrés depuis très longtemps, et qu’en prenant un peu de recul, en prenant le temps de faire une courte pause, j’aurais pu faire autrement…et que ce bref silence aurait été également bénéfique pour les élèves. Prendre conscience de tout cela fut le 1er pas. M’entrainer, encore et encore, à être pleinement présente dans l’instant, en acceptant mes erreurs, mes imperfections me permirent d’en faire d’autres. Prendre soin de soi pour être capable d’écouter activement.

Vous trouverez dans ce livre des informations sur le fonctionnement des émotions, l’impact des émotions positives sur le climat de la classe, des applications concrètes dans des situations de classe que tout enseignant a déjà expérimentées, des outils pour vous entrainer, des méditations enregistrées, des conseils « pour orchestrer la dynamique de la classe ». Et en observant cette posture chez leur enseignant, présent à soi et aux autres, les élèves apprendront eux-aussi à entrainer leur attention, à réguler leurs émotions... Les bénéfices de la méditation de pleine conscience, pratique laïque, au sein de l’école sont nombreux. De plus en plus d’études sont menées sur le sujet et l’attestent. « La pleine conscience développe d’autres compétences cognitives précieuses, telles la pensée créative, la capacité à changer de perspective et une approche innovante de la résolution de problèmes. Ces compétences sont essentielles à notre capacité collective à faire face aux problèmes complexes d’aujourd’hui. »

L’école en pleine conscience est un ouvrage remarquable qui allie connaissances scientifiques claires, exemples concrets et outils.

Génial, j’ai un ado la maison !

Cela fait 18 ans que j’accompagne des adolescents au niveau de leurs apprentissages, d’abord en tant qu’enseignante en lycée et en collège, et aujourd’hui en tant que facilitatrice des apprentissages, et c’est toujours le même BONHEUR !

Oui, c’est une période de profonds bouleversements, pour eux, pour nous…

Oui, c’est une période sensible, et il faut continuer de les accompagner ; ils en ont vraiment besoin.

Oui, ils se posent beaucoup de questions, ont des doutes, se rebellent ; parfois certains vont mal, voire très mal. Et il ne faut en aucun cas prendre ce mal-être à la légère et les orienter vers des professionnels compétents : psychologues, Maison des Adolescents…

Oui, la communication est parfois plus difficile, il y a des tensions ; cela demande des réajustements constants…et c’est fatiguant !

Mais c’est aussi une PÉRIODE EXTRAORDINAIRE! Et j’ai eu envie de livrer un témoignage qui porte un autre regard… Et si changer de regard rendait aussi les relations plus sereines ? Là encore il ne s’agit pas de nier les difficultés ! Elles sont bien réelles ! Aucune baguette magique, juste de petits pas.

J’ai rencontré il y a quelques mois une maman et sa fille qui avaient une très belle relation qu’elles craignaient de perdre car elles entendaient parler partout de « crise de l’adolescence » et s’imaginaient que c’était inéluctable, que les tensions seraient forcément dramatiques, terribles, un peu dommage non ? Et cela avait une incidence sur les apprentissages car gagner en autonomie signifiait grandir…

Alors oui, je continue d’être émerveillée, touchée par :

* Leurs capacités de réflexion, d’analyse, leurs idées…sur le monde, leur entourage, sur eux-mêmes.

* Leur sensibilité, leurs rêves…

* Leur capacité à prendre du recul, leur connaissance d’eux-mêmes, de leurs stratégies d’apprentissages

* La vitesse à laquelle ils progressent lorsqu’ils prennent conscience de leurs ressources, qu’en réalité ils savaient déjà faire mais ils ne savaient pas que leurs techniques étaient justes, qu’ils pouvaient faire autrement…

* Leur envie, leur curiosité, leur enthousiasme (même si ce dernier ne se voit pas toujours au 1er abord !)

Je pourrais vous raconter des anecdotes, beaucoup mais ce serait un long ; j’ai juste envie de vous dire mon émerveillement devant une classe capable de débattre seule sur des sujets littéraires sans mon intervention, mon émotion dans les ateliers « zen avant l’exam » devant des yeux qui pétillent, des sourires qui reviennent, des ados qui reprennent confiance, qui se disent que c’est possible, mon étonnement devant la justesse de certaines analyses, de prises de recul face à leurs situations familiales…

Prendre en compte leurs fragilités ET faire pousser leurs talents.

Une période sensible, fragile ET une période formidable, fertile alors prenons en compte leurs fragilités et aidons-les à faire germer, grandir leurs talents, à leurs rythmes…

Humour, écoute active…sont des clés indispensables. Lorsqu’ils se sentent vraiment écoutés et considérés, ils sont eux-mêmes à l’écoute.

Et humilité, parfois, nous ne savons pas, n’y arrivons pas… Demander de l’aide, c’est aussi montrer l’exemple…

avril 2020