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Qu'est-ce que la psychopédagogie positive ?

Et la méditation de pleine conscience ?

Quels impacts les émotions ont-elles sur les apprentissages ?

Découvrez des éléments de réponse dans cette interview avec Bruno Vandestick dans l' émission "les experts".du 11 mai 2021

Etre connecté

Dans un monde de distractions, choisir à quoi connecter ton attention est une base essentielle pour être le pilote de ta vie !

Et il ne s’agit pas de répondre au fameux « concentre-toi » que tu as déjà entendu des dizaines de fois au collège ou au lycée… (enfin pas seulement !)

En effet, tu utilises ton attention tout le temps, dès ton réveil…ce qui peut d’ailleurs être compliqué…surtout si la nuit a été courte ! Être attentif, c’est se connecter. A soi. A ses amis. Au monde qui nous entoure…

Quelques explications…

Commence par te demander quels sont les éléments qui viennent te distraire. Fais-en une liste.

Tu pourras les classer en 2 catégories : des éléments qui viennent de l’extérieur et qui sont perçus par tes 5 sens et des éléments internes comme les pensées, les inquiétudes, la faim…

L’attention est un « processus de sélection, d’activation et de facilitation de certains réseaux de neurones aux dépens des autres. » Il y a 3 systèmes qui dirigent l’attention :

* les automatismes/les habitudes (ce que l’on va faire rapidement, sans « réfléchir »)

* le circuit de la récompense (circuit qui nous incite à faire ce qui va procurer du plaisir : boire si on a soif par exemple mais ce circuit encourage également la recherche d’informations et de nouveauté.)

* le contrôle volontaire

Les 2 systèmes de forces qui déstabilisent l’attention sont la réorientation réflexe vers des éléments saillants et le circuit de la récompense. Aucun n’est vraiment totalement bénéfique ou totalement néfaste, tout dépend du contexte. Reculer automatiquement alors que tu t’apprêtais à traverser la rue parce que tu as perçu au dernier moment le bruit d’une voiture est plutôt bénéfique ! En revanche, tourner la tête parce que tu as entendu le signal d’une notification sur ton téléphone alors que tu étais en train de réviser ta leçon d’histoire… c’est une autre histoire ! (désolée pour le jeu de mots). Cela va t’empêcher de mémoriser. Le cerveau se régale devant toutes les nouveautés apportées par les écrans et le circuit de la récompense va profiter de l’occasion pour encourager le zapping et déstabiliser encore l’attention… Il n’est donc pas étonnant que nous soyons si accros aux écrans (oui, NOUS, observe les adultes autour de toi !) surtout lorsque nous sommes fatigués car le système du contrôle volontaire est moins efficace pour contrer le circuit de la récompense.

Tu l’auras donc compris, une quantité de sommeil suffisante est essentielle pour être attentif.

Une ATTENTION EFFICACE est donc d’abord une attention posée sur les objets sensoriels les plus importants pour TON INTENTION du MOMENT. Être attentif, c’est savoir avancer en équilibre sur une poutre ; parfois la poutre est large et près du sol et les risques de tomber sont minimes et parfois elle est très fine et haute et garder l’équilibre est plus difficile. (Image empruntée à l’excellente BD de Jean-Philippe LACHAUX, Les petites Bulles de l’attention)

Se concentrer, c’est rester connecté ! Et si la connexion s’interrompt sans cesse, on ne peut rien faire…

A toi donc de te demander si tu souhaites être en mode marionnette ou être en mode pilote de l’avion ? Et ce que cela changerait pour toi dans tes relations, dans tes apprentissages qu’ils soient scolaires, sportifs…

Comment faire ? Quelques outils / suggestions...

-Limiter les sources de distractions. Environnement de travail rangé. Portable éteint.

-Limiter les distractions internes. Se relaxer. Mettre par écrit ce qui nous préoccupe ou la liste des tâches à faire.

-Gérer son temps et son effort. Faire des pauses.

-Découper une tâche en mini-missions.

-Une CHOSE à LA FOIS !

-Se concentrer sur sa respiration, sur ses sensations pour se reconcentrer.

-Rendre ce que tu as à faire intéressant. Tu ne peux pas choisir le contenu du cours mais tu peux CHOISIR la FAÇON de l’apprendre.

septembre 2020

3 Clés pour apprivoiser son stress

1ère clé : porter un autre regard sur le stress

Sais-tu que le stress est une fonction naturelle d’adaptation ? C’est une énergie qui nous permet de faire face aux difficultés et aux différents challenges de la vie. En effet, la réponse de stress va entrainer une cascade de réactions physiologiques nous permettant d’utiliser de façon optimale nos capacités physiques et intellectuelles. Plutôt pas mal, non ? Alors pourquoi ce que nous ressentons est parfois bien différent ? Le stress, d’une intensité élevée, peut nous faire perdre nos moyens car il empêche notre partie avant du cerveau, le cortex préfrontal, qui intervient dans l’analyse, la réflexion…de fonctionner de façon optimale. Et le stress chronique, lorsque des situations auxquelles nous avons l’impression de ne pas pouvoir faire face s’enchainent, nous épuise car il n’y a pas de retour à un état d’équilibre.

Des études ont montré que le regard qu’on portait sur le stress avait déjà un impact pour le réduire. Alors, n’oublie pas, le stress te permet d’utiliser tes capacités de façon optimale ; tu peux utiliser cette énergie pour relever les challenges qui t’attendent. Le stress est inévitable mais les effets négatifs le sont ! Comme pour toute chose, cela demande de l’entrainement !

« Lorsque nous ne sommes pas capables de changer une situation, nous sommes mis au défi de nous changer nous-même. » Viktor Frankl

2ème clé : respirer !

La respiration est à la base de nombreuses techniques visant à apporter une réponse de relaxation. Yoga, sophrologie, méditation… Sans te lancer dans ces pratiques, sauf si tu en as envie bien sûr, tu peux déjà utiliser de courts exercices de respiration qui pourront t’aider.

Voici 4 mini exercices à faire et refaire :

-Se centrer sur les sensations de la respiration: simplement poser tes mains sur ton ventre et te centrer sur les sensations liées à ta respiration.

-Respiration abdominale : respirer par le ventre en imaginant que tu gonfles et dégonfles un ballon.

-Souffler sur une bougie : inspirer profondément par le nez et expirer profondément et lentement par la bouche comme si tu soufflais sur une bougie sans l’éteindre. La flamme vacille sous l’effet doux et léger de ton souffle mais ne s’éteint pas.

-Expirer le négatif et inspirer le positif : sur chaque expiration, imaginer que tu te libères de tous les éléments qui te stressent, t’ennuient, te causent des soucis… et sur l’inspiration, imaginer que tu inspires et laisse se diffuser en toi des situations qui te font du bien, te donnent confiance… des mots gentils, des sorties avec les amis…une musique…

3ème clé : objectiver, comprendre ton stress

Lorsque le stress nous envahit, les pensées parfois s’enchainent et alimentent notre stress… Mais au fait, qu’est-ce qui me stress vraiment dans la situation ? Des chercheurs proposent d’utiliser 4 lettres pour faire le point : SPIN ou C.I.N.E

C pour contrôle de la situation ; je suis stressé parce que j’ai peu de contrôle sur la situation.

I pour situation imprévisible, je suis stressé parce que la situation est imprévisible. Tu rencontres une situation inattendue.

N pour situation nouvelle, je suis stressé parce que je n’ai encore jamais vécu cette situation ou je découvre un nouveau lieu…

E pour situation qui menace mon égo ; je suis stressé parce que je pense ne pas avoir les ressources suffisantes pour faire face à la situation ; je crains la réaction des autres.

Tu as envie d’en savoir plus sur le fonctionnement du stress, tu trouveras sur le site suivant 4 vidéos de 5 min destinées aux adolescents qui te donnent des explications précises. Tu y trouveras notamment des informations sur le stress absolu et le stress relatif, les effets du stress sur l’organisme…

https://www.stresshumain.ca/programmes/surfe-ton-stress/


S'appuyer sur ses forces

Des chercheurs en psychologie positive ont identifié 24 forces qui sont universelles. Ils les ont classées dans 6 catégories.

La sagesse et la connaissance : créativité, curiosité, discernement, goût de l’apprentissage, perspective

Le courage : vaillance, honnêteté, persévérance, enthousiasme

L’humanité : gentillesse, amour, intelligence sociale

La justice : justice, leadership, esprit d’équipe

La tempérance : pardon, humilité, prudence, autorégulation

La transcendance : appréciation de la beauté, gratitude, espoir, humour, spiritualité

Ils ont aussi montré qu’aborder une tâche selon l’angle de ses forces est beaucoup plus efficace que de se focaliser sur ses faiblesses. Cela nous donne plus d’énergie et nous rend plus performant.

Connaitre ses forces, ses compétences, c’est aussi favoriser sa motivation. L’un des 3 éléments qui ont besoin d’être nourris pour se motiver est en effet de se sentir compétent.

Un test pour les 10-17 ans est disponible sur le site suivant : https://www.viacharacter.org/survey/account/register#youth

Et maintenant que tu les as identifiées, comment pourrais-tu utiliser tes forces dans tes apprentissages ?

Voici une suggestion d’un adolescent que j’ai accompagné. Une de ses 5 principales forces était l’appréciation de la beauté. Au 1er abord, il ne voyait pas bien comment cela pourrait lui être utile dans ses apprentissages ! Puis il s’est dit qu’il pourrait s’appuyer sur cette force pour créer de « belles » cartes mentales et ainsi prendre plaisir à les réaliser et à les réactiver !

Une chose à la fois !

Et si vous arrêtiez de vous demander ce que vous allez faire à diner lorsque vous êtes au travail et de penser au mail que vous avez oublié d’envoyer lorsque votre enfant vous raconte sa journée…

A vouloir tout faire en même temps, on perd de l’énergie. On ne peut pas faire en même temps deux choses qui demandent de l’attention. Essayez donc de regarder dans deux directions à la fois ! Et pourtant nous réalisons régulièrement plusieurs tâches à la fois ; en réalité on bascule rapidement d’une tâche à l’autre et ce d’autant plus facilement lorsque celles-ci sont automatisées. Le mode multitâche est donc possible mais tout dépend de ce qu’on fait… Et d’ailleurs, nos enfants s’en rendent souvent compte… « Maman, tu ne m’écoutes pas »… « si, si… » Nous étions présents physiquement, nous entendions sa voix mais notre attention était connectée à un autre élément… et nous en ressortons peu satisfaits… Notre époque est caractérisée par une abondance de stimulations de toutes sortes et une intensification des échanges et des informations d’où parfois une dispersion de notre attention qui peut nous épuiser et nous faire passer à côté de ce qui est vraiment important.

Alors comment faire ? Quelques pistes à explorer dans les jours à venir.

-Pratiquer la pleine conscience, c’est s’entrainer à être dans le moment présent. Se centrer sur ses sensations, sa respiration. Apprendre à observer lorsque notre attention est captée par un stimulus et revenir à ce que l’on faisait. Ces exercices de pleine conscience peuvent se pratiquer au quotidien : dans une salle d’attente, dans les transports en commun, laisser son smartphone de côté et se connecter à sa respiration, simplement observer les sensations de sa respiration, dans les tâches ménagères…lorsque vous mangez, prendre le temps de sentir, humer, regarder avant de déguster vos aliments…sous votre douche, lorsque vous vous brossez les dents, connectez-vous à vos 5 sens. Et observer comment vous vous sentez.

-Limiter les informations…réseaux sociaux, télévision…Nous surveillons ce qu’on mange, pensons aussi à surveiller ce qu’on met dans notre tête ! Les nouvelles négatives en permanence ont des impacts sur notre moral. Choisissons ce à quoi nous voulons connecter notre attention. Abonnez-vous à des sites ou journaux de bonnes nouvelles.

-Utiliser des cartes mentales pour alléger sa charge mentale. Cet outil de pensée visuelle est très utile pour s’organiser, planifier…et on prend du plaisir à la faire !

septembre 2020

3 clés pour accompagner son ado avant les examens

J’accompagne des adolescents depuis presque 20 ans et les examens font partie de ces passages incontournables ; parfois redoutés, parfois accueillis comme un défi… Cette période laisse rarement indifférent les jeunes…comme les adultes ! Et cela fait naitre des émotions, beaucoup d’émotions.

La 1ère clé est, selon moi, d’accueillir ses propres émotions, d’aller voir ce qui se joue pour nous, ce qu’elles viennent nous dire sur nos besoins. En effet, en tant que professeure, j’ai pu constater que les années où j’avais des classes à examen, j’étais plus stressée… J’avais peur, peur de ne pas les avoir bien préparés, de ne pas avoir terminé le « fameux programme », je voulais faire mon travail au mieux, ou peut-être même parfaitement ! Et avant que je ne prenne conscience de cet état de faits et des émotions qui y étaient associées, j’ai pu dire, voire répéter des conseils, parler un peu, beaucoup, passionnément, de l’examen et ce dès le début de l’année…J’ai compris au fur et à mesure, grâce à certains élèves, que ce n’était pas sans conséquence : ils ressentaient une certaine pression qui aggravait le stress des plus angoissés et des plus studieux bien que mon intention était à mille lieues de celle-ci ! J’ai alors appris à nuancer mes propos, à ne m’adresser qu’aux élèves qui avaient besoin de travailler un peu plus ; j’ai appris aussi à établir un climat de classe à la fois exigeant et détendu. Oui, j’ai fait des erreurs, j’ai appris, cela ne s’est pas fait en un jour. Travailler sur mes émotions personnelles a été une clé précieuse. La pleine conscience m’a vraiment aidée à le faire. Et en tant que maman, voir son enfant qui attend pour préparer une épreuve, est un peu…agaçant. Il est alors trèèès tentant de lui intimer de s’y mettre, ce qui serait contre-productif car l’adolescence est marquée par un besoin d’autonomie qui se heurte aux injonctions. Attendre, non pas en se désintéressant de la situation, mais en posant des questions, en laissant des choix. Et s’il ne s’y met vraiment pas ? Être là pour l’accompagner, pour qu’il puisse tirer partie de ses erreurs. L’accompagner vers l’autonomie, la responsabilité. Et si finalement, c’était cela le plus important ? Observer le chemin plutôt que le résultat.

La 2ème clé est intimement liée à la 1ère : accueillir ses propres émotions pour être disponible pour accueillir celles de son enfant. Oui mais comment faire ? Ecouter, écouter vraiment, sans chercher à lui donner des conseils ou à le rassurer. Facile à dire, pas toujours facile à faire. Cela peut demander de l’entrainement. Mais cela fait vraiment une différence ! Les difficultés ne s’évanouissent pas mais le lien est maintenu, nourri. Lorsque notre enfant vient nous voir pour nous raconter ce qu’il ressent, il a besoin d’être entendu, d’être compris dans ce qu’il vit et parfois cela suffit. L’émotion exprimée s’apaise. Reformuler, lui demander ce dont il a besoin. Parfois on y arrive et parfois l’envie de rassurer ou de trouver des solutions à sa place est plus forte. Et parfois une aide extérieure est nécessaire.

3ème clé. Apprendre, réussir commence par respecter ses besoins physiologiques fondamentaux : nourriture équilibrée, sommeil en quantité suffisante. Nous savons aujourd’hui que le sommeil joue un rôle très important au niveau des apprentissages : meilleure mémorisation, concentration plus aisée, et meilleure régulation des émotions ! Il m’est arrivé d’accompagner des jeunes qui se sentaient débordés par la somme de travail à fournir avant un examen et qui travaillaient donc tard le soir, voire très tard. Des explications sur le rôle du sommeil et l’invitation à expérimenter sur plusieurs jours quelle différence cela ferait s’il dormait davantage a souvent suffi à enclencher un cercle plus vertueux. Ils observent un changement, même léger, et pas à pas ils reprennent le contrôle, ce qui leur permet d’être moins stressés. Ne pas négliger non plus, l’importance de s’accorder des pauses. Vous pouvez leur proposer des activités qu’ils aiment et qui vont leur permettre de recharger leurs batteries. Ou des activités, des exercices pour apprendre à réguler son stress : méditation, yoga, ex de respiration…

Et puis se souvenir que cela ne dure pas ; les émotions sont impermanentes. Croire en son potentiel infini, qu’il réussisse ou qu’il échoue, il est en chemin.

mai 2021

Souligner les erreurs ou valoriser les réussites ?

Le système scolaire, mais pas seulement, a tendance à se focaliser sur les erreurs commises plutôt que sur ce qui a été réussi, à prendre en compte le résultat plutôt que le processus.

Est-ce une erreur de procéder ainsi ? Pourquoi faire autrement ? Et si nous faisions les 2 !

En effet, ces 2 types de rétroaction vont jouer un rôle différent. Indiquer à une personne une erreur lui permet d’ajuster ses prédictions et de modifier ses connexions neuronales. La rétroaction négative évite la répétition d’erreurs qui conduirait à un renforcement des connexions de neurones liées à cette erreur. Mais elle peut susciter le découragement chez certains enfants. Quant à la rétroaction positive, elle augmente la quantité de dopamine dans le cerveau, produit un sentiment de plaisir, et stimule le système de récompense. Mettre en avant les plus petits pas réussis donne envie de recommencer et favorise donc l’apprentissage et la motivation. D’autant que parfois cela fait une différence importante… Pour exemple, une dictée réalisée avec une élève de 3ème : 6 erreurs mais 92% de mots bien écrits. L’émotion suscitée par ce 2ème chiffre était bien différente !

La rétroaction ou feedback est l’un des 4 piliers des apprentissages selon les neurosciences. Les études ont montré qu’une rétroaction efficace est immédiate, centrée sur la tâche et ne consistant pas seulement à apporter une réponse correcte mais également à apporter des explications était la plus efficiente.

Encourager en explicitant ce qui est réussi dans une tâche, un exercice, en interrogeant sur le processus, les stratégies employées (« Ton texte est agréable à lire car les phrases sont bien construites et le vocabulaire utilisé est adapté au sujet et au public visé ») plutôt que complimenter de manière générale ( « Bravo, ton texte est super »).

Si ces deux types de rétroactions sont utiles, pourquoi voit-on fleurir le mot « positif » à toutes les sauces ? Effet de mode ? Des études ont montré que notre réceptivité à l’une ou l’autre dépend de notre âge. Certaines régions du cerveau, notamment le cortex préfrontal, la partie qui joue un rôle dans l’analyse, la réflexion, la régulation des émotions… n’est mature que vers 20-25 ans alors que le système limbique, siège des émotions, l’est bien avant. Ainsi, un enfant va davantage profiter d’une rétroaction positive ; c’est l’inverse pour un adulte. Pour un adolescent les 2 ont un effet comparable et un équilibre entre les 2 devrait être visé.

En conclusion, un équilibre entre le fait de pointer les erreurs et celui de pointer les réussites permet d’activer deux mécanismes importants pour apprendre : système de correction d’erreur et système de récompense et de renforcement. A la maison et à l’école. Sans oublier de prendre en compte l’âge et de privilégier la rétroaction immédiate.

Mai 2021

Sources :

La psychologie positive avec les enfants, Agnès Dutheil

Activer ses neurones pour mieux apprendre et enseigner, Steve Masson

Livre ouverte

Le pouvoir des livres

Ce livre est un présent ! Simple, puissant, optimiste !

A offrir à tout professeur qui souhaite découvrir comment la pleine conscience peut transformer l’école. Il y découvrira « des outils simples pour favoriser la concentration, l’harmonie et la réussite scolaire » mais aussi « comment la pleine conscience peut nous aider à faire naitre une volonté collective de transformer nos écoles en lieux qui encouragent la créativité et l’innovation pour satisfaire aux besoins d’un futur incertain. » Rien que cela !

L’école en pleine conscience de Patricia Jennings, enseignante et chercheuse, a fait complètement écho à ma propre expérience d’enseignement en collège et lycée. J’aurais aimé lire lorsque j’étais jeune enseignante qu’ « enseigner est un art des émotions » et qu’identifier les miennes et apprendre à les réguler était une des clés pour « réduire [mon] stress et améliorer [mon] enseignement comme l’apprentissage de [mes] élèves. » Et ce n’est pas simple… L’enseignement, comme le dit l’autrice, est une « activité extrêmement exigeante » qui demande des compétences variées : « Nous devons non seulement avoir une connaissance parfaite de la matière enseignée, mais aussi déployer notre attention de façon à être conscients d’une classe entière tout en étant capables de nous focaliser sur un ou deux élèves en particulier. Nous devons nous mettre au diapason du groupe pour apprécier son degré d’implication et de compréhension, et cerner sa dynamique sociale et émotionnelle. Et tout ceci sans nous laisser submerger par l’anxiété ou l’irritation, sans tomber dans l’excès ou la perte de contrôle ! »

J’ai découvert au fil des années que mes émotions avaient un impact sur le climat de la classe, et parfois même sur les apprentissages, sur mes réactions face aux comportements d’élèves, que celles-ci correspondaient parfois à des automatismes, « des scripts » parfois intégrés depuis très longtemps, et qu’en prenant un peu de recul, en prenant le temps de faire une courte pause, j’aurais pu faire autrement…et que ce bref silence aurait été également bénéfique pour les élèves. Prendre conscience de tout cela fut le 1er pas. M’entrainer, encore et encore, à être pleinement présente dans l’instant, en acceptant mes erreurs, mes imperfections me permirent d’en faire d’autres. Prendre soin de soi pour être capable d’écouter activement.

Vous trouverez dans ce livre des informations sur le fonctionnement des émotions, l’impact des émotions positives sur le climat de la classe, des applications concrètes dans des situations de classe que tout enseignant a déjà expérimentées, des outils pour vous entrainer, des méditations enregistrées, des conseils « pour orchestrer la dynamique de la classe ». Et en observant cette posture chez leur enseignant, présent à soi et aux autres, les élèves apprendront eux-aussi à entrainer leur attention, à réguler leurs émotions... Les bénéfices de la méditation de pleine conscience, pratique laïque, au sein de l’école sont nombreux. De plus en plus d’études sont menées sur le sujet et l’attestent. « La pleine conscience développe d’autres compétences cognitives précieuses, telles la pensée créative, la capacité à changer de perspective et une approche innovante de la résolution de problèmes. Ces compétences sont essentielles à notre capacité collective à faire face aux problèmes complexes d’aujourd’hui. »

L’école en pleine conscience est un ouvrage remarquable qui allie connaissances scientifiques claires, exemples concrets et outils.

Génial, j’ai un ado la maison !

Cela fait 18 ans que j’accompagne des adolescents au niveau de leurs apprentissages, d’abord en tant qu’enseignante en lycée et en collège, et aujourd’hui en tant que facilitatrice des apprentissages, et c’est toujours le même BONHEUR !

Oui, c’est une période de profonds bouleversements, pour eux, pour nous…

Oui, c’est une période sensible, et il faut continuer de les accompagner ; ils en ont vraiment besoin.

Oui, ils se posent beaucoup de questions, ont des doutes, se rebellent ; parfois certains vont mal, voire très mal. Et il ne faut en aucun cas prendre ce mal-être à la légère et les orienter vers des professionnels compétents : psychologues, Maison des Adolescents…

Oui, la communication est parfois plus difficile, il y a des tensions ; cela demande des réajustements constants…et c’est fatiguant !

Mais c’est aussi une PÉRIODE EXTRAORDINAIRE! Et j’ai eu envie de livrer un témoignage qui porte un autre regard… Et si changer de regard rendait aussi les relations plus sereines ? Là encore il ne s’agit pas de nier les difficultés ! Elles sont bien réelles ! Aucune baguette magique, juste de petits pas.

J’ai rencontré il y a quelques mois une maman et sa fille qui avaient une très belle relation qu’elles craignaient de perdre car elles entendaient parler partout de « crise de l’adolescence » et s’imaginaient que c’était inéluctable, que les tensions seraient forcément dramatiques, terribles, un peu dommage non ? Et cela avait une incidence sur les apprentissages car gagner en autonomie signifiait grandir…

Alors oui, je continue d’être émerveillée, touchée par :

* Leurs capacités de réflexion, d’analyse, leurs idées…sur le monde, leur entourage, sur eux-mêmes.

* Leur sensibilité, leurs rêves…

* Leur capacité à prendre du recul, leur connaissance d’eux-mêmes, de leurs stratégies d’apprentissages

* La vitesse à laquelle ils progressent lorsqu’ils prennent conscience de leurs ressources, qu’en réalité ils savaient déjà faire mais ils ne savaient pas que leurs techniques étaient justes, qu’ils pouvaient faire autrement…

* Leur envie, leur curiosité, leur enthousiasme (même si ce dernier ne se voit pas toujours au 1er abord !)

Je pourrais vous raconter des anecdotes, beaucoup mais ce serait un long ; j’ai juste envie de vous dire mon émerveillement devant une classe capable de débattre seule sur des sujets littéraires sans mon intervention, mon émotion dans les ateliers « zen avant l’exam » devant des yeux qui pétillent, des sourires qui reviennent, des ados qui reprennent confiance, qui se disent que c’est possible, mon étonnement devant la justesse de certaines analyses, de prises de recul face à leurs situations familiales…

Prendre en compte leurs fragilités ET faire pousser leurs talents.

Une période sensible, fragile ET une période formidable, fertile alors prenons en compte leurs fragilités et aidons-les à faire germer, grandir leurs talents, à leurs rythmes…

Humour, écoute active…sont des clés indispensables. Lorsqu’ils se sentent vraiment écoutés et considérés, ils sont eux-mêmes à l’écoute.

Et humilité, parfois, nous ne savons pas, n’y arrivons pas… Demander de l’aide, c’est aussi montrer l’exemple…

avril 2020